Recherche

soirée Bataclan

Soirée Discothèque Bataclan
PHOTOS Bataclan
votre avis sur l'établissement
Note : 3.5/5 (25 votes)
9 membres aiment ce lieu
Connectez-vous ou inscrivez-vous pour figurer ici.

INSCRIPTION GRATUITE
2 commentaires sur ce lieu
Connectez-vous ou inscrivez-vous pour laisser un message.
50 boulevard Voltaire
75011 Paris
Metro / RER : Métro à Paris Oberkampf Métro ligne 5 Métro ligne 9
Visiter le site internet
Présentation des

soirées au Bataclan


Le Bataclan surprend par la diversité des événements qu’ilaccueille alternant soirées, spectacles, concert, cabaret, studiod’enregistrement… un haut lieu de la culture à Paris !Le Bataclan a su récupéré sa splendeur initiale et son cachetunique de pagode chinoise en plein Paris Haussmannien ! La restaurationeffectuée par les architectes des Monuments Historiques a nécessité de longsmois d'ouvrage afin de retrouver les formes et les couleurs originelles quidatent de 1864. L'installationsonore du Bataclan (matériel et parquet) a également été refaite pouraccueillir le public dans les meilleurs conditions.Concert ou pas, c'est un lieu à voir.Sous Napoléon i on l'appelait "Palais chinois duBataclan"... C'est l'architecte Charles Duval qui créa ce bâtimentmélangeant bois, pierre et brique ainsi que des revêtements de façade encéramique. Un peu d’histoire : En janvier 1864, une sociétéanglaise loua à Madame Petit, propriétaire, mille deux cent mètres carrés deterrain à bâtir, sur le boulevard du Prince-Eugène, (actuel boulevardVoltaire), récemment ouvert par le baron Haussmann. A cette époque, l'endroitétait morne et désert. Nous étions aux limites du Paris d'alors. Terrainsvagues, jardins potagers et rares maisons irrégulières constituaient le décor. Moins de dix mois furent nécessaire à Charles Duval(architecte de l'Eldorado) pour édifier sur cet emplacement un établissementaux dimensions imposantes, de la forme d'une pagode chinoise ; lareconstitution était aussi exacte que possible. Le style exotique, à la modedepuis les campagnes de Chine et de Cochinchine, était au goût du jour.L'édifice de bois, pierre et brique, aux revêtements extérieurs de céramique,finement décorée à la main selon la technique patiente et minutieuse deschinois, suscita la curiosité générale des Parisiens. Cet extraordinairedéploiement d'ornements porta le coût de l'entreprise à cinq millions de francsor, somme considérable à l'époque.Dès le mois de septembre, un char, freiné par des boeufs,annonça au long des voies les plus fréquentées de la capitale l'inauguration du"GRAND CAFE CHINOIS ! THEATRE BA-TA -CLAN " (Bataclan) dont on parlaitabondamment depuis plusieurs mois. Outre le titre d'une opérette d'Offenbach, Bataclan, nous dit le Larousse est une expression populaire qui désigner unattirail considérable dont on veut se dispenser d'énumérer les objets.A l'affiche d'ouverture : une suite de divers numérosd'acrobaties et ballets, à l'instar de l'Opéra. Après onze heures, dans toutesles salles du rez-de-chaussée et du premier étage, spécialement aménagées à ceteffet, on s'adonnait des parties de billard, divertissement très prisé sous lesecond empire.Bien plus qu'un spectacle ?" une centaine de personness'éparpillaient devant une scène où s'exerçait un médiocre jongleur. Desgaleries vides, des tables inoccupées, des garçons qui se croisaient les bras(L. Veuillot) c'est à l'architecture que le public s'intéressait. L'après-midi,on venait, pour la somme de un franc admirer la vaste salle de 2500 places,dont la voûte, alourdies de chimères aux seins puissants, n'était supportée paraucune colonne, malgré l'importance de sa superficie ; l'éclairage provenait degirandoles dites" becs papillon " ; le tout ajouré par des fenêtresrondes courant sur le pourtour de la coupole ; le rideau de scène, en éventail,était l'oeuvre de Carpezat. Bataclan est café chinois, mais digne de lacivilisation moderne. La façade est toute peinte et dorée, et ornée degrotesques. La salle occupe l'emplacement d'une vaste maison ; des guirlandesde gaz l'éclairent d'une façon originale. L'architecte à été si content de sonoeuvre qu'il a signé." (L. Veuillot).Faute de spectateurs, la société fondatrice ne put supporterles charges, bien trop lourdes, qu'elles s'était assignées. " La failliteest venue s'installer dans cette pompeuse faribole ", constate LouisVeuillot, décidément hostile à l'oeuvre de Duval.Le 1er février 1885, André-Martin Pâris, ex-directeur duconcert des arts dit concert du Géant, récemment détruit par un incendie, engageades pourparlers avec la société anglaise exploitant Bataclan et lapropriétaire, Mme Petit, aux ternies desquelles il tut reconnu que le nouveaulocataire succédait purement et simplement à ses prédécesseurs dans tous leursdroits et charges.C'est Pâris qui donna au temple chinois l'orientationnouvelle et définitive qui fît sa réputation. Il congédia les acrobates et lesdanseurs pour les remplacer par des petites comédies empruntées auxvaudevillistes à la mode Scribe, Bayard, Melesville, Dumersan, etc… chercha desgéant partout, sa marotte du cancan des arts (sans géant, il se croyaitmaudit), enfin, ben que chanteurs et chanteuses aient pour lui moinsd'importance, il programma d'importantes parties de concert où s'illustrèrent :le gros Mathieu ; Joseph Arnaud Marcel, futur créateur des opéras bouffesd'Hervé ; Léopold Boyer, que l'on retrouva directeur du Palais-Royal ;Constant, " le Potier de la chansonnette " ; Henri Plessis, "l'homme aux trente-six têtes " ; Made Saxe ou Sasse, plus tard à l'opérasous le nom de Marie Sabone Léonide (Charvin), la tragédienne Agar pour lesinitiés de théâtre, qui débuta au café-concert dans des airs d'opéra-comique.Tous ces artistes venaient du Géant ; la plupart étaient des I découvertes de Pâris.Le 9 mars 1870, l'heureux directeur, dont les atterres ne cessaient deprospérer, se rendit acquéreur de l'immeuble, conformément aux clauses de soncontrat. Coût : 750 000 francs ! Pendant le siège de Pâris (octobre 1870 ?janvier 1871), les salles de billard furent transformées en salle"ambulances ". Dans la grande salle, des spectacles furent donnes au profitdes blessés et des pauvres. Au cours d'un de ces galas se révéla Lucien Fugèrequi devint l'idole du Bataclan avant d'être enlevé par l'Opéra-comique.Les troubles politiques s'aggravent, les recettess'effondrèrent brusquement. Pendant la Commune, l'établissement demeura fermé. La paixretrouvé, la réouverture s'imposait. La prospérité revint aussitôt. Cela durajusqu'en août 1873. Pâris venait d'avoir soixante-douze an. S'estimant sansdoute suffisamment enrichi, à moins qu'il ne se sentît fatigué, il se retiraavec soixante mille livres de rente. Il conserva néanmoins la propriété del'immeuble qu'il continua d'habiter jusqu'à sa mort.Jules Javelot, ancien chef d'orchestre des Ambassadeurs etde la Scala,lui succéda. Il continua le genre innové par son prédécesseur, insistant,toutefois, sur les créations et présentant les premières revues de Bataclan.En 1887, sous une direction Bertrand sans grand éclat, l'opérettefit son entrée boulevard Voltaire. Le ténor Emile Soums, de l'Opéra-comique, ydébuta dans une reprise de la Périchole.La mat de Pâris, en 1890, bouleversa le monde des artistes.Ce commerçant habile, certes, était aussi un homme de coeur, aimé de tous, quilégua nombre de ses biens à ses anciens pensionnaires dans le besoin. Quant auBataclan, une parente, Mlle Homy, en hérita. Elle s'empressa de congédierBertrand, et s'empara du fauteuil directorial. L'ambitieuse demoiselle n'avaitpas, hélas ! les qualités de son généreux donateur, et perdit sur-le-champl'argent que ce dernier avait gagné en cet endroit.En août 1892, après une longue fermeture, Bataclan estracheté par Paulus, le' roi "du caf'conc' qui connaît alors un succèsjamais atteint. C'est le regain pour le pagode, désormais envahie chaque soir ;les 2500 places sont prises d'assaut.Autour de l'idole, se rassemblait une troupe nombreuse ettalentueuse Jules Réval, Stiw-Hall, Debailleul, Achille Gaillard, Annelet,Strack, Martapoura (de l'opéra), Antony, Gosset, Victor Lejal, Henri Helme,Marguerite Duclerc, Claude Roger, Marguerite Favart, Madeleine Guitty, JeanneDebarry. En représentation, vinrent encore Clovis, Emest Vaunel, Brunin, Chavalet Girier, Léon Morton, Emile Mercadier, Harry Fragson, Libert, AristideBruant, Paul Delmet, Henry Fursy, Rachel Launay, Violette Dechaume, IrèneHenry, Eugènie Fougère, Paula Brebion, André Ciriac. En attraction, WilliamCody, alias Buffalo-Bill, dans un numéro de tir à la carabine, blessa un soirsa partenaire. La police fit interdire ses représentations. De nombreusespetites comédies et opérette et, surtout, des revues clôturaient les spectacles; le chansonnier Léon Garnier, parolier favoris de Paulus et directeurartistique de l'établissement, était l'auteur de la plupart des ses oeuvres.Qu'ils furent fructueux, ces débuts "paulusiens" àBataclan ! Cela dura peu, hélas ! "L'enchanteur" grisé par saréussite directoriale, entra en pleine ère de " folie ", gaspillanttout l'argent gagné dans l'achat de nouvelles entreprises : l'Eldorado de Nice,l'Alhambra de Marseille, le " dos Paulus ", un vignoble du Bordelais,etc. Ne pouvant être partout, il n'était jamais nulle part. Des absencesrépétées finirent par lasser la ferveur du public désillusionné, qui dès lors,se raréfia. En 1897, la partie jouée est perdue," la star des stars"dut se débarrasser, à perte, de ses concert.Pour Georges Corrart, dit Dorfeuil, et Henri Moreau,revuiste, la succession fut difficile. Dorfeuil, homme d'expérience, dirigeaitdéjà le concert Parisien et la gaité-Montparnasse, deux affaires qui tournaientronds. Les meilleurs élément du Parisien montèrent à Bataclan Pierre Bressol,Louis Limai, André Barally, Maria Pacra, Charlotte Martens, ; et, surtout cestrois dernières recrues Max Dearly, Dranem et Félix mayol, à l'aube de leurformidable carrières. En vain. Echaudé, le public bouda Bataclan, dont laréputation était ternie. Dorfeuil ne tarda pas à passer la main. Soncommanditaire, Gaspard Jacquet, prit la suite en mai 1899, garda Moreau à ladirection artistique, et échoua pareillement.L'établissement passa alors aux mains d'un couple decomédiens Alice Archaimbaud (Vaudeville, Renaissance, Ambigu) et EmileChautard, ex-directeur du Gymnase, le futur réalisateur de films. Au cours del'été 1903, les nouveaux locataires firent restaurer les salle dans des tonsclairs, doux, gais (mûrs tapissés de Pékin rose Ivoire), mais, malgré tousleurs efforts, ne purent tenir le coup dans un concert dont le genre neplaisait plus. La société Chadetty et Cie les releva, après la clôture annuellede 1904, pour lâcher prise moins de six mois plus tard.En juin 1905, enfin, Gaston Habrekorn, le poète-chansonnier,descendu de Montmartre, mit fin aux malheurs de la quadragénaire pagode. Hommede spectacle, doué d'un sens très sûr des affaires, Habrekorn, auteur des" chansons sensuelles l'homme du divan japonais, concret bruyant auxdestinées duquel il venait de vouer cinq années, s'était suffisamment enrichipour prendre les rênes d'un établissement renommé, quelles que fussent lesdifficultés de l'heure. Bon publiciste, il rédigea un appel dont les murs duquartier furent instantanément recouvert :" Habitants du boulevard Voltaire, du XIarrondissement, et de Paris. Je ne suis pas, sans doute, un inconnu pour vous.Vous me connaissez, tout au moins de nom. Vous m'avez probablement vu àMontmartre, où j'ai arboré victorieusement, dans mon concert, la bannière de labonne chanson. Après plusieurs avatars, le splendide établissement de Bataclan va enfin, je l'espère, retrouver sa vogue d'autrefois." Depuis deux ans, et avec ténacité opiniâtre, rai faittout ce qu'il était possible pour arriver au résultat obtenu ce jour.Débarrasser Bataclan de toutes les entraves qui l'encombraient. J'ai obtenu despropriétaire de l'immeuble un nouveau bail de vingt années. Je suis donc parmivous pour longtemps, et je veux faire de ce bel établissement le premierthéâtre-concert de paris. A Bataclan, ce sera entrée libre, on entrera comme unvieil habitué, et l'on paiera sa place et sa consommation. J'y ferai défilertout ce qui a un nom au café-concert. Je donnerai des pièces choisies,littéraires,intéressantes, et surtout amusantes. J'y donnerai aussi unegrande revue qui passera la fin du mois de novembre. "Toute idée originaleet toute réclamation des spectateurs seront toujours très ben accueillies." (Gaston Habrekorn). Grâce à ses dons particuliers de publicistes et à lanature un peu spéciale des ses spectacles , Habrekorn sut faire revenir boulevardVoltaire le public qui l'avait déserté. La troupe était de qualité, composéed'éléments passés par tous les bons concerts de Paris Louis Hervé ; LéonDaubreuil ; Armand Bourgery ; Villé et sa partenaire Dora ; transfuges dudéfunt Eden ; le ténor Montaubry ; Monray ; )(vain ; Menotti, promu vedettemaison ; Carmen Gilbert ; Marion Darey ; Charlotte Gaudet ; Paula Brébion.Mais, plus encore que pour les talentueux chanteurs, c'estpour les revues que tout Paris accourait. Toutes atteignaient, dépassaient mêmesouvent, les cent cinquante représentations. Le poète-chansonnier y sacrifiaitvolontiers aux apparitions de petites femmes jeunes, jolies, vêtues de maillotscollants révélant leur académie, qui, après les" poses sensuelles "du Divan japonais, figuraient maintenant dans les tableaux vivants ", sadernière trouvaille. Il scandalisa avec Chanteclair, parodie de la pièced'Edmond Rostand, dont les représentations avaient été plusieurs faisajournées.. Benjamin Rabier en rehaussa l'édition par d'amusants et spirituelsdessins. Sans toutes ces audaces, Habrekorn n'aurait pas été vraiment lui-même.Elles lui permirent, en tout cas, de gagner beaucoup d'argent, suffisammentpour devenir le 29 juin 1908, propriétaire de Bataclan et d'en faireentreprendre, dés le 27 juin 1909, date de clôture estivale, la totalerestauration embellissement de la salle, remplacement des fauteuils,construction de nouvelles loges, agrandissement et modernisation de la scène,etc.Le 3 juillet 1910, surprise I Habrekorn renonce et cèdeBataclan é Bénédicte Rasimi. Les préoccupations de l'homme au cheveu noir dejais, à la petite barbe en pointe, à la silhouette légendaire sanglée dans uneredingote bleue au col de velours sont désormais ailleurs il envisage de fonderun théâtre avec l'humoriste Tristan Bernard, et brigue la direction de l'Odéon.La guerre empêchera la réalisation de ces projets. En changeant de direction,Bataclan entra dans une ère nouvelle de prospérité. Mme Rasimi, créatrice decostumes, savait mieux que quiconque présenter les femmes, découvrir danschacune ce qu'il y avait de joli, et dissimuler ce qu'il l'était moins. Sesrevues, servies par la qualité de ses mises en scène, mais aussi, et surtoutpar la somptuosité des décors et des costumes, portèrent tés haut le prestigede la vieille pagode, devenue le premier" temple des merveilles " deParis.Le 23 août, jour de l'inauguration, les habitués duquartier, les Parisiens sélects et les étrangers de passage avaient louéavant-scènes, loges et fauteuils. D'entrée, ce monde divers fût charmé, séduit,enchanté par l'élégance du cadre une salle repensée, blanc et or ; des tentures; des tapis ; des fauteuils turquoise et saphir. Un miracle de bon goût,donnant le ton des émerveillements à venir. " Une parée de concert depremier ordre. Maurice Chevalier a eu un succès colossal ; on l'a bissé ; puistrissé. Il a dû fuir devant les bravos qui devenaient indiscrets. Nitta Jo estgracieuse au possible, sa voix généreuse et fraiche à conquis le public. FancisMarty ne se contente pas d'être un chanteur applaudi ; il exécute avec uneétrange maestria des morceaux de violoncelle sur un instrument bizarre, composéd'un manche à balai et d'une calebasse. Dalila Rives est un Dranem féminin Ic'est tout dire I -, elle a eu sa part dans les triomphes de la soirée (J-L.,Comoedia Illustré). Enfin, venait le Lieutenant Cupidon, opérette en troisactes, extraordinairement amusante, interprétée par le grand comique Vilbert,Menotti, Marguerite Dufay et, dans les choeurs, un bataillon de jolies filles,habillées de costumes ravissants dessinés et exécutés par la fée Rasimi. Uneinauguration féerique, aussi peu banale qu'artistique. Une réussiteexceptionnelle, la première d'une longue série. Durant quinze ans, il fut demode d'aller Bataclan. Pendant la guerre, on ne chôma pas. Les parties deconcerts supprimés, les revues se succédaient dix-huit en moins de quatre ans tCelle à Miss I ; où la vedette avait Chevalier pour partenaire, consacre "le couple " du moment.Après 1919, commença le long cycle des tournéesinternationales de Bataclan. Chaque année son théâtre fermé, Mme Rasimi faitvoyager ses meilleur. spectacles. En Amérique du Sud, elle se heurta au Casinode Paris et entra en concurrence avec Volterra. Lorsque octobre arrivait, lafoule de nouveaux, se pressait boulevard Voltaire pour applaudir " auxtrouvailles d'un art à la fois hardi et mesuré, aux inspirations de soncharmant génie " (ainsi s'exprime Gustave Fréjaville en 1920). Deux ansplus tard, à propos de la revue De toutes les couleurs, le même Fréjavilleécrira "Dès le lever du rideau, c'est Mme Rasimi qui entre en scène, sousles traits de vingt jolies femmes. Rapins aux jupes cubistes, oùs'entrechoquent les bleus, les violets et les rouges, aux cols blancs tranchantsur des corsages feux ; Montmartroises, dont les bérets sont chiffonnés avecune grâce impertinente Colombines précieuses, Pierrots aériens, capricieuseEspagnole: une débauche de couleurs vives, parmi lesquelles le " noir etblanc ", manié avec audace, prend des valeurs inattendues... "En 1926, au Mexique, au Brésil, à Cuba, les tournées tombenten pleine période d'insurrection. Le résultat est catastrophique. Dans le mêmetemps, à Paris, entre les mains d'intérimaires, qui essuient échec sue échec,Bataclan décline. La revue Revenez-y doit être l'événement de réouverture. Maisle public ne suit pas. Trente représentations seulement. La chance tourne. Toutespoir de redressement est vain. Les créanciers fondent sur la malheureusedirectrice. L'un d'entre eux, profitant de la situation, se retrouve partieprenante et récupère la salle pour en faire un cinéma. La société des filmsLuminor s'y installe. Le 30 avril 1926, Bataclan cinéma programme Montelà-dessus, film réalisé et interprété par Harold Lloyd. Mise en faillite unmois plus tard, et exclue de l'affaire par Oscar Dufrenne et Henri Varna,commanditaires de ses tournées, Mme Rasimi sera même expulsée, à la suite d'unlong procès, de l'appartement qu'elle occupait au premier étage du Bataclan.Ainsi prit fin la carrière de Bénédicte Rasimi, reine du bongoût et de l'élégance, dont la perfection dans l'art du costume ne fut jamaiségalée. Le music-hall français lui doit une des plus belles pages del'histoire.Ayant racheté une partie des créances Mme Rasimi, Dufrenneet Varna se retrouvèrent à la tête d'un nouveau théâtre. Ils en confièrent ladirection â leur collaborateur et ami Jean Casanova avec pour mission de lerendre â ses destinées premières. La réouverture eut lieu le 30 septembre 1927.Mais Bataclan n'était plus Bataclan. Rétrogradée au rang d'un quelconquethéâtre de quartier, la légendaire pagode avait bel et bien perdu ses airs degrands soirs. On y joua de ces oeuvrettes sans grand intérêt, des reprises pourla plupart, qui desservaient ordinairement les établissements du même genre.Programme renouvelé chaque vendredi. Cela durant cinq ans. En 1932, le cinéma pariant porta ses coups aux portes deBataclan. Casanova fit procéder aux installations nécessaires,ultra-perfectionnées pour l'époque sonorisation et projection par-derrièrel'écran. Il rouvrit le 3 juin, avec le Chemin du paradis, de W. Thiele,interprété par Lilian Harvey et henry Garat.En 1939, après un long procès, les propriétaires , Raymondet Pierre Habrekorn, fils de Gaston, reprirent les rênes de l'établissementfamilial qu'ils continuèrent d'exploiter en cinéma. M. Pertus,l'administrateur, enrichit les spectacles d'une partie d'attractions. En 1943, M. Pertus étantdécédé, Raymond Habrekorn assuma seul la direction.En 1950, de nouveaux règlements très stricts sont imposésaux entreprises de spectacles par la Commission de sécurité. Un cinéma de Reuil, leFamilial, venant d'être détruit par un incendie et de nombreux spectateursétant morts, c'en est fait de Bataclan. Le chef-d'oeuvre de Charles Duval estpartiellement abattu. La coupole ajourée tombe, entraînant ses cariatides.Tombent aussi les deux balcons et leur ornement de bois. La vieille scène de1908 est démantelée. Le reste de l'immeuble subsiste. Sa façade, endommagéepuis longtemps rongée par les intempéries, pillée par les uns et les autres, nerévèle plus rien de son faste d'antan.La nouvelle salle, plus modeste (1350 places), dotée d'unescène de douze mètres sur dix, édifié conformément aux normes de la Commission, a étédirigée, depuis le 12 décembre 1952, date de son inauguration, successivementpar Georges Phélipot, Jacques Luzé, Salomon Siritzky et Robert Desmet.En 1969, face à la terrible concurrence de la télévision,mais aussi à la monopolisation des circuits d'exploitation cinématographiqueregroupés au centre des villes, Bataclan, cinéma de quartier, doit fermer sesportes. Il apparaît cependant que, fidèles à la mémoire de leur père, lesfrères Habrekorn entendent maintenir l'établissement bien en vie. Leurlocataire José L. Unzuéta, après de nouvelles transformations, a tenté, sanssuccès, de revenir au music-hall. Depuis, sans orientation fixe, Bataclan donnedans les expressions les plus diverses folklore, soirées typiques avecorchestre, dancing et, plus récemment, concert rock et soirées clubbing. Profitez aussi de notre sélection de pass Bataclan.
\/ SOIRÉES Bataclan